Qui est Samar ?
L’association porte le nom de SAMAR en hommage à la mémoire de Samar Saleh
Samar…
Fille d’une famille de classe moyenne à Alep, et la benjamine qui portait en elle un mélange unique d’audace et de tendresse. Elle était la plus forte et la plus rebelle de ses frères et sœurs, la plus passionnée par la vie. Elle aimait la danse, le chant et la musique, et dès son plus jeune âge, elle s’est tournée vers le monde de l’archéologie et des musées, ainsi que vers la lecture de l’histoire et des mythes qui ont façonné les peuples du Levant. Elle était fascinée par la manière dont ces civilisations se sont superposées et ont échangé folklore, coutumes, nourriture et chants, construisant ainsi une identité riche et plurielle pour la région.
L’intérêt de Samar pour l’archéologie et l’histoire des peuples de la région allait bien au-delà d’une passion académique : il l’a rendue plus sensible au présent, plus solidaire des communautés marginalisées que les gouvernements ignorent. Elle voyait dans les femmes rurales, les enfants et les personnes âgées, premières victimes de la violence militaire et des luttes de pouvoir, une continuité des histoires oubliées à travers les siècles. Avec l’intensification des déplacements depuis les campagnes autour d’Alep, Samar, avec son courage et sa tendresse, a transformé avec ses ami·es des écoles et des églises en refuges sûrs, et lancé des initiatives éducatives pour que les enfants ne soient pas privés d’apprentissage.
Arrêtée par les services de renseignement syriens pour son activisme, elle n’a jamais reculé. Au contraire, elle a poursuivi son engagement avec la ténacité d’une rebelle convaincue que la liberté et la justice méritent le risque.
En 2013, après avoir été contrainte de quitter la Syrie face aux menaces croissantes et s’être installée au Caire pour y poursuivre un master et un doctorat en archéologie et muséologie, elle décida de retourner en Syrie avec son compagnon, Mohamed Al Omar, pour animer un atelier destiné à des journalistes. Là, dans la ville d’al-Atareb, ils furent interceptés par des hommes armés et masqués, enlevés sous la menace et la violence, sous les yeux de sa mère. Depuis ce jour, Samar demeure disparue de force, et sa voix, pleine de passion, de rires et d’espérance, s’est tue.
Samar n’était pas seulement une victime : elle était une femme forte et courageuse, portant la révolution dans son cœur et l’action humanitaire entre ses mains, restant un symbole de la vie que toutes les forces de la tyrannie et de l’extrémisme ont tenté d’étouffer.
Avec la chute du régime syrien, un espoir est né : celui de connaître enfin le sort de Samar et de milliers de personnes disparu·es. Mais les nouvelles autorités en Syrie ont exclu de la justice transitionnelle les crimes commis par d’autres parties, notamment ceux de « Daech ». Ainsi, les affaires de disparition forcée sont restées hors de toute responsabilité.

La campagne
Votre témoignage
À la mémoire de Samar… un espace d’expression libre et ouvert à la famille et aux ami(e)s de Samar pour écrire des textes, partager des vidéos ou des enregistrements audio, dédiés à elle et à propos d’elle. La plateforme sera ouverte à toutes celles et ceux qui souhaitent partager leurs sentiments pour Samar. Vous pouvez envoyer votre message à Samar, et nous le publierons pour qu’il reste gravé dans notre mémoire.
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